Combien épargner pour la retraite?

Alors que le mois de juin est le mois des aînés au Canada, un récent sondage effectué par la firme Léger révèle que 45 % des aînés sont stressés financièrement. Ils ont peur de manquer d’argent avant la fin de leur vie ou encore, de ne pas être en mesure de payer pour leurs soins de longue durée.

Un des éléments les plus frappants dans le sondage, c’est le déclin des régimes de retraite provenant des entreprises. Alors que 50 % des personnes âgées de 80 ans et plus peuvent compter sur un régime de retraite de leur employeur, ils ne sont plus que 40 % entre 60 et 69 ans, et cette tendance va se poursuivre.

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Quand l’État vous protège contre vous-même

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Les « régimes de retraite » ont une caractéristique particulière : ils ne peuvent être liquidés à n’importe quel rythme. 

D’abord un petit rappel: qu’on parle d’un « fonds de pension » ou d’un « régime de retraite », on parle de la même chose : un régime mis en place chez l’employeur qui nous permet d’accumuler des sommes en vue de la retraite.

Pour certains, un élément de ces régimes pose un véritable désagrément : l’IMMOBILISATION des sommes investies.

Qu’est-ce que ça veut dire ?

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Elle devra payer pour la retraite de son conjoint

Combien un client devrait-il épargner pour passer une belle retraite

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CFA Montréal

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ZONE EXPERTS – La question de savoir combien il faut épargner pour financer une retraite confortable n’est pas simple. Il faut tenir compte de nombreuses variables pertinentes, mais il est possible d’en venir à une estimation raisonnable qui donne une indication de la portée des mesures d’épargne nécessaires.

tomwang / 123rf

Étant donné qu’il existe tant de facteurs inconnus, il faut réévaluer périodiquement l’estimation, particulièrement lorsque se produit un important changement dans le profil de l’investisseur.

Malheureusement, l’effort nécessaire excède souvent de beaucoup ce à quoi s’attendent la plupart des gens.

Les variables les plus pertinentes

Voici les variables les plus importantes à prendre en considération pour répondre à cette question :

  • Quel est le montant actuel des économies accumulées? Comment ce montant est-il réparti entre les comptes imposables et non imposables?
  • Si ce montant est nul, quand l’investisseur commencera-t-il à épargner?
  • Quelle est l’ampleur des possibilités offertes avec exonération ou report d’impôt?
  • Comment devraient évoluer le revenu, le style de vie et les responsabilités de l’investisseur? Comment cela touchera-t-il sa capacité d’épargner au fil du temps?
  • L’investisseur pourra-t-il combiner ses ressources financières avec celles d’un conjoint ou d’un époux?
  • Hormis celles découlant des économies, quelles autres sources de revenus sont prévues?
  • Quel est le rendement moyen prévu sur l’investissement?
  • Quelles sont la volatilité et l’évolution prévues des rendements futurs?
  • Quel est l’âge de la retraite prévu?
  • Quel revenu après impôt est nécessaire à la retraite?
  • Quelle est l’espérance de vie présumée?

La situation de chaque personne diffère. Par exemple, certaines personnes suivent un cheminement de carrière qui les mènera à une augmentation importante de leur revenu réel (ajusté en fonction de l’inflation) au fil du temps, tandis que d’autres ont un emploi dont le revenu n’augmentera pas plus vite que le taux d’inflation. Certains n’ont pas d’enfant et bénéficient de deux revenus, tandis que d’autres ont plusieurs enfants, qu’ils envoient à l’école privée et dont ils contribuent au paiement des droits de scolarité à l’université, à l’aide d’un seul revenu. Certains reçoivent un héritage important et bénéficient d’un régime de retraite au travail, tandis que d’autres doivent assumer entièrement leurs propres besoins et sont peut-être responsables des soins d’un membre de la famille. Certains ont eu la chance de vivre dans un environnement où les rendements financiers étaient très favorables et stables, tandis que d’autres prévoyaient de prendre leur retraite juste avant l’effondrement des marchés boursiers.

Enfin, même si notre style de vie a certainement une incidence sur notre espérance de vie et notre santé, nous ne contrôlons certes pas entièrement cet aspect. Malheureusement, de nombreux calculateurs d’épargne-retraite simplifient trop la difficulté d’estimer ce qu’il faut faire pour financer une retraite raisonnable, font fi de l’incertitude du rendement et font des suppositions implicites qui ne sont pas transparentes pour l’utilisateur. Ainsi, il est difficile d’accepter telles quelles leurs recommandations.

Le montant de revenu requis à la retraite est manifestement une question à la fois de style de vie et de circonstances. Les conseillers disent souvent que pour un couple, il suffit d’un revenu qui correspond à 70 % du revenu gagné avant la retraite. Considérant que la maison est payée (sans loyer), qu’il n’y a plus de contribution aux études des enfants et que des épargnes supplémentaires ne sont plus requises, il se pourrait même qu’il soit possible de vivre avec moins de 70 % du revenu gagné avant la retraite.

Certaines recherches démontrent que la plupart des couples dans cette situation vivent confortablement à moins de 60 % du revenu gagné avant la retraite. En outre, le retraité qui vit seul aura toujours besoin d’au moins 70 % du revenu requis pour un couple à la retraite. Cependant, il ne s’agit que de lignes directrices. Quiconque approche de l’âge de la retraite devrait évaluer ses besoins financiers en fonction de sa propre expérience récente.

L’épargne génèrera un revenu de retraite de combien par année?

Un conseiller qualifié peut participer à la conception d’un plan qui intègre les caractéristiques et les exigences précises des investisseurs. Plusieurs scénarios sont possibles, mais concentrons-nous sur la question suivante :

Quel revenu de retraite faut-il s’attendre à recevoir pour chaque tranche de 1 000 $ d’épargnes annuelles (en montants réels)? Cette réponse est ajustée selon plusieurs paramètres, notamment :

  • le nombre d’années d’épargne avant la retraite;
  • l’espérance de vie après la retraite;
  • la répartition de l’actif (le rendement prévu du portefeuille);
  • l’efficience de l’utilisation maximale des programmes non imposables.

Un investisseur qui a déjà estimé son revenu à la retraite en provenance d’autres sources (les régimes du gouvernement et des employeurs et même le soutien familial) pourra avoir une idée de l’ampleur des épargnes supplémentaires nécessaires pour atteindre le montant total du revenu requis à la retraite ainsi que de l’importance d’utiliser les comptes non imposables dans toute la mesure possible. On peut même faire cette analyse sur un tableur Excel. En fait, nous avons élaboré un outil Excel simple pour faire les analyses. Toutefois, une analyse complète nécessiterait un logiciel de planification des investissements qui peut traiter des cotisations annuelles variables (par exemple, qui ajuste les cotisations une fois que l’hypothèque est entièrement payée ou que les enfants ont terminé leurs études) et qui peut gérer le placement et la répartition de l’actif au fil du temps, intégrer l’incidence de l’incertitude des rendements (à ne pas omettre) et tenir compte de différentes possibilités de revenus (à la retraite) et des caractéristiques de gestion du risque. L’incidence de l’incertitude est abordée dans le document suivant.

Le tableau 1 présente les hypothèses de base spécifiées au sein de l’outil Excel.

La première section indique dans le coin supérieur gauche, le taux d’imposition et le taux de roulement des titres, et dans le coin supérieur droit, les cotisations annuelles aux comptes imposables et non imposables et le taux d’inflation. Dans le cas

d’un compte à report d’impôt, la cotisation doit être indiquée après impôt. Par exemple, une cotisation de 1 000 $ à un compte à report d’impôt équivaut à une cotisation de 600 $ à un compte à exonération d’impôt si on présume un taux d’imposition de 40 %. Dans ce cas, nous avons présumé deux cotisations annuelles (après impôt) de 1 000 $ dans chaque type de compte. On suppose que les cotisations seront ajustées en fonction de l’inflation au fil du temps.

La deuxième section indique la répartition d’actifs du portefeuille pendant la période d’accumulation (épargnes) et la période de désaccumulation (retraite) au moyen de trois actifs : titres à revenu fixe canadien, actions canadiennes et actions étrangères. Dans les deux cas, une répartition standard de 70 % en actions et de 30 % en titres à revenu fixe est utilisée à l’origine. Comme il a déjà été expliqué, l’investisseur canadien bénéficierait probablement d’une proportion d’actions canadiennes plus faible que ce que propose cet exemple, mais la répartition proposée pourrait convenir à un investisseur américain. Cette section permet aussi d’indiquer le revenu, les gains en capital et les frais prévus pour chaque catégorie d’actifs. Le portefeuille pourrait être plus diversifié, mais les principes demeureraient les mêmes.

Étant donné que cette analyse couvre plusieurs décennies, des hypothèses simples, mais raisonnables de rendements prévus ont été utilisées*:

  • Un rendement de 3 %, pour les titres à revenu fixe d’un portefeuille mixte d’obligations du Trésor et d’obligations de sociétés de qualité supérieure. Cela est compatible avec un taux d’inflation de 2 %.
  • Un rendement de 7 % pour les actions, reposant sur l’hypothèse d’un taux de dividende de 2 %, d’un taux d’inflation de 2 % et d’une croissance à long terme de 3 %.

Le rendement nominal avant impôt, mais après frais (en présumant des frais globaux de 1 %) est de 4,8 % compte tenu de la répartition 70/30. Un rendement excédentaire de 0,25 % est ajouté pour tenir compte des avantages de la diversification et du processus de rééquilibrage. Cela sous-entend que l’investisseur se montre suffisamment discipliné pour effectuer des rééquilibrages périodiques rigoureusement. Toutefois, après inflation, le rendement réel du portefeuille avant impôt ne s’élève qu’à 3,05 %**. Enfin, l’impact de la fiscalité sur le rendement est estimé et tient compte du roulement des titres en portefeuille***. Le rendement réel prévu après impôt est de 1,90 %.

Le tableau 2 présente les résultats relatifs à quatre scénarios d’horizon d’épargne (de 20 à 35 ans) et quatre scénarios identiques de longévité après la retraite. En présumant une retraite à 65 ans, une période de 25 ans correspond à une espérance de vie de 90 ans****. Les Canadiens et les Américains âgés de 65 ans ont une espérance de vie d’environ 90 ans. Toutefois, une grande partie, et peut-être même 30 %, des Nord-Américains vivront plus de 90 ans. Il est fort possible que nous vivions plus longtemps que ce qu’indique l’espérance de vie moyenne.

Les quatre colonnes du tableau 2 présentent le revenu annuel auquel peut s’attendre l’investisseur selon différentes périodes de longévité. Une comparaison des résultats pour les comptes imposable et non imposable illustre qu’il est extrêmement utile d’utiliser pleinement le compte non imposable. Les calculs présument que l’investisseur maintient la même répartition de l’actif à la retraite, mais cette présomption n’est pas nécessairement appropriée si ses portefeuilles constituent sa seule source de revenu prévu à la retraite. Toutefois, le retraité qui bénéficie d’un régime de retraite à prestations déterminées de l’employeur pourrait vraisemblablement se permettre de maintenir un niveau plus élevé de risque à la retraite. La dernière colonne présente le revenu annuel découlant de l’application de la règle du 4 % du revenu. La règle du 4 % est une règle approximative qu’utilisent certains conseillers pour guider les investisseurs qui planifient leur retraite : si vous retirez 4 % du solde du capital initial chaque année (après ajustement pour inflation) et vous avez d’excellentes chances de disposer de suffisamment d’argent pour 30 belles années.

Au cours des dernières années, on a reproché à la règle du 4 % d’être trop généreuse dans un contexte de faiblesse des taux d’intérêt. Toutefois, les exemples fournis semblent indiquer que le revenu pour un horizon de 35 ans est très similaire à ceux qui découlent de la règle du 4 %. Toutefois, comme il a été indiqué, l’analyse n’intègre pas notamment l’incertitude des rendements futurs, ce qui peut expliquer les résultats favorables. Dans une chronique précédente, nous avons atténué cette présomption, mais acceptons pour l’instant la présomption de stabilité des rendements.

Le montant d’épargne nécessaire pour produire 30 000$ de revenu réel après impôt

Le tableau 3 présente le revenu annuel découlant d’un investissement annuel de 5 000 $ dans un compte non imposable et de 7 500 $ dans un compte imposable. Tout d’abord, il est intéressant de constater que le revenu réel annuel est très similaire dans les deux comptes malgré le fait que les cotisations au compte non imposable soient moindres.

Nous pouvons aussi être déçus de réaliser qu’afin d’atteindre cette cible de 30 000 $ de revenu réel annuel, nous devons épargner pendant 35 ans sauf si nous prévoyons une espérance de vie plus courte. En outre, ces résultats sont fondés sur un portefeuille qui produit des rendements annuels stables et qui contient une proportion de 70 % en actions, même à la retraite. La pénalité de revenu découlant de l’investissement dans un portefeuille à faible risque peut être importante au fil des décennies. Par exemple, nous pourrions indiquer que l’investisseur qui affecte la totalité de son portefeuille à des titres à revenu fixe pendant les périodes d’accumulation et de désaccumulation en tirerait, suivant les scénarios susmentionnés, un revenu annuel correspondant à seulement 35 % à 55 % du revenu susmentionné. De plus, un portefeuille composé d’une seule catégorie d’actifs ne peut pas produire de rendement excédentaire par suite du processus de rééquilibrage. Ainsi, il faut éliminer l’hypothèse d’un rendement à long terme de 0,25 % lié au rééquilibrage.

La retraite constitue pour la plupart des gens l’objectif le plus coûteux de leur vie et c’est celui qui nécessite le plus de planification. Investir dans un portefeuille trop conservateur pendant des décennies ne fait que compliquer la donne.

La planification de la retraite est complexe et nécessite l’intégration de nombreuses variables dans l’analyse. Ce document s’est concentré sur certaines de ces variables, mais il faut tenir compte de beaucoup d’autres.

Par exemple, nous n’avons pas abordé l’accès potentiel à d’autres sources de revenu de retraite, la possibilité d’héritage et de regroupement des ressources financières avec un conjoint, l’existence d’un fonds actuel d’épargne (que le calculateur simple pourrait traiter) et une gestion fiscale plus efficace. Un véritable portefeuille devrait également comporter une plus grande diversification des styles afin d’équilibrer les risques et d’augmenter l’efficacité du processus de rééquilibrage. L’incertitude considérable de marchés est une autre variable que nous n’avons pas prise en considération. Les rendements sur les actifs ne sont pas réalisés de façon linéaire (des crises financières se produisent) et les retraités peuvent avoir besoin d’appliquer certaines stratégies d’atténuation des risques pour éviter d’épuiser leurs épargnes, particulièrement s’ils n’ont pas accès à d’autres ressources financières.

Tel est le sujet – le plus important de tous – qui sera abordé dans la prochaine chronique.

* Ces prévisions, particulièrement en ce qui concerne les actions, supposent implicitement (comme il est indiqué dans le document 3b) que les évaluations actuelles du marché sont justes, elles ne sont ni manifestement trop optimistes ni manifestement trop pessimistes.
**Dans ce document et le prochain, l’expression « rendement réel du portefeuille » est utilisée pour représenter le rendement qu’un portefeuille produit en sus de l’inflation.
***Bien que l’incidence du roulement des titres en portefeuille sur le taux d’imposition effectif dépende du rendement du capital investi et de la durée de la période d’investissement, elle se situe dans un éventail assez restreint à moins que la période d’investissement soit très courte. En outre, elle est importante seulement dans le cas de taux très faibles de roulement des titres en portefeuille.
****Pour de plus amples renseignements sur l’espérance de vie, voir : http://www.worldlifeexpectancy.com/your-life-expectancy-by-age (en anglais seulement)

À chaque âge son épargne

    epargne_tirelire_lingot_or_425Les moyens et les objectifs financiers varient souvent en fonction de l’âge. Or, chaque période de la vie présente des opportunités et des pièges financiers. Comment éviter les erreurs graves?

    Rubina Ahmed-Haq, de Yahoo Finance Canada, y va de quelques conseils à prodiguer aux gens en fonction de leur âge.

    LA VINGTAINE

    Aux personnes dans la vingtaine, elle recommande de mettre l’accent sur le remboursement des dettes et de commencer déjà leur épargne-retraite. Certains jeunes font l’erreur de ne pas investir assez à cet âge. C’est pourtant le moment de viser la croissance, puisque l’horizon de placement est très long.

    Le plus grand piège à cet âge est probablement la tentation de dépenser sur des éléments d’actifs qui se déprécient rapidement, comme des voitures, ou de flamber tout son argent dans des fêtes et des voyages. Au risque de s’endetter, avant même d’avoir de réelles responsabilités financières.

    LA TRENTAINE

    Dans la trentaine, des responsabilités financières, la plupart des gens n’en manquent pas. Mariage, naissance des enfants, achat d’une maison… Les finances sont souvent étirées à leur limite, voire un peu au-delà. Facile, dans ces circonstances, de perdre de vue les objectifs d’épargne-retraite. Pourtant, cela devrait rester une priorité, avant même l’épargne-étude. Après tout, soutient Rubina Ahmed-Haq, les enfants peuvent emprunter pour payer leur éducation, mais les adultes ne pourront pas le faire, eux, pour financer leur retraite.

    Le grand piège à cet âge est certainement l’endettement. Contracter une hypothèque, en particulier, doit se faire prudemment. Il peut être intéressant de calculer si les remboursements deviendront suffocants avec un taux d’intérêt plus élevé de deux pour cent que celui proposé par la banque. Il faut se garder un peu de jeu.

    LA QUARANTAINE

    La pression financière peut se relâcher un peu dans la quarantaine. Les remboursements d’hypothèque sont bien avancés et les montants investis se sont accumulés. Il est alors temps de revoir le risque. Il ne faut pas prendre le risque de voir une partie de l’épargne-retraite disparaître lors d’une correction prononcée des marchés. Il est temps de restructurer le portefeuille pour y ajouter un peu plus d’équilibre et de sécurité.

    Il faut aussi combattre ses pulsions. Dès que l’on est financièrement à l’aise, il est tentant d’augmenter ses dépenses. C’est ce que l’on appelle l’inflation du style de vie. Rien de mal à acheter une maison plus grande ou une nouvelle voiture plus luxueuse, mais il faut s’assurer que cela correspond à des besoins plus qu’à des désirs et surtout de le faire en respectant sa situation financière.

    LA CINQUANTAINE

    Dans la cinquantaine, il est temps de laisser les enfants voler de leurs propres ailes. Il faut résister à la tentation de tout payer (éducation, première maison…), au risque de compromettre sa propre situation financière. Comme l’actif financier est plus important, il est aussi crucial d’avoir un testament en ordre.

    LA SOIXANTAINE

    Dans la soixantaine, la majorité de l’épargne-retraite est accumulée, mais il faut continuer d’épargner consciencieusement pour les objectifs à court terme, comme les vacances ou les cadeaux. C’est aussi le temps de réfléchir à l’âge de la retraite. Ce choix peut avoir des conséquences sur le régime de retraite, le décaissement des investissements, etc.

    ET APRÈS?

    La tentation peut être grande, dans les soixante-dix ans et plus, de céder la gestion de ses finances à un proche ou un conseiller. Pourtant, il faut toujours les garder à l’œil. Il faut aussi essayer de rester à jour quant aux nouveaux produits et services financiers et aux nouvelles règles. Un site comme ABC LifeLiteracy Canada peut aider à ce titre.

    Êtes-vous d’accord avec les conseils de Rubina Ahmed-Haq? Quels sont vos meilleurs conseils en fonction de l’âge? Qu’est-ce qui peut venir faire dérailler le meilleur plan financier, selon vous?

     

    UNE PLEINE RENTE DU GOUVERNEMENT INDEXÉE À VIE ? FACILE 

    STÉPHANIE GRAMMONDLA PRESSE

    Tout vient à point à qui sait attendre. L’adage ne pourrait être plus vrai pour votre rente de retraite.

    Je sais que c’est contre nature, mais beaucoup de retraités devraient reporter le paiement de leur pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV) et de leur rente du Régime des rentes du Québec (RRQ) jusqu’à 70 ans.

    En patientant quelques années, ils auraient droit à des rentes bonifiées de 36 % à 42 %. Garanties par le gouvernement. Pleinement indexées à l’inflation. Suffisantes pour couvrir pratiquement tous leurs besoins. La sainte paix financière jusqu’à la fin de leurs jours, quoi !

    Qui dit mieux ?

    Malheureusement, les Québécois ne sont pas patients. À peine 1,7 % d’entre eux reportent le paiement de leur PSV après 65 ans et seulement 3 % attendent après cet âge pour leur RRQ.

    La plupart réclament leur dû dès qu’ils partent à la retraite. D’autres demandent même leur RRQ à partir de 60 ans, même s’ils continuent à travailler. Ce faisant, ils brûlent la chandelle par les deux bouts. Par la suite, ils devront se contenter d’une rente lourdement amputée pour le reste de leur vie.

    En fait, les retraités qui demandent leurs rentes le plus tôt possible auront des prestations combinées de seulement 15 500 $ par année, dans le meilleur des cas. C’est presque deux fois moins que s’ils attendaient à 70 ans. Et cette différence énorme les suivra jusqu’à leur tombe.

    ***

    Pour vous convaincre de reporter vos rentes, prenons un exemple tiré d’une étude fort intéressante publiée, cette semaine, par la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke.

    Imaginons Alain qui gagne environ 55 000 $ (soit le maximum des gains admissibles au RRQ) et qui décide de prendre sa retraite à 65 ans.

    Disons qu’à la retraite, il pourra se débrouiller avec seulement 60 % de ses anciens revenus d’emploi. Si cela vous semble peu, dites-vous qu’Alain paiera moins d’impôt. Au net, il aura donc l’équivalent de 80 % de ses anciens revenus disponibles. Et comme ses dépenses vont fondre, ce sera suffisant pour maintenir son train de vie.

    À 65 ans, Alain aurait droit à une rente pleine et entière du RRQ et à sa PSV. Dans ce cas, les rentes publiques couvriraient 61 % de ses besoins financiers. Pour combler l’écart, il devrait avoir accumulé 265 000 $, en mettant de côté 8 % de son salaire à partir de l’âge de 30 ans jusqu’à sa retraite.

    Mais pour Alain, il serait plus avantageux d’attendre encore cinq ans pour réclamer ses rentes aux gouvernements, quitte à épuiser ses épargnes personnelles plus rapidement.

    En réclamant son RRQ et sa PSV à 70 ans, les rentes publiques couvriraient 82 % de ses besoins financiers jusqu’à sa mort. En prime, il aurait besoin d’épargner un peu moins (17 000 $) durant toute sa carrière.

    Mais le plus beau de l’histoire, c’est que si Québec décide finalement de bonifier le RRQ comme le reste du Canada, les rentes publiques couvriraient alors 100 % des besoins financiers d’Alain jusqu’à sa mort. Plus besoin d’épargner du tout !

    Mais cette bonification hypothétique ne prendra effet que graduellement sur une période de 40 ans.

    Pour donner davantage de flexibilité aux retraités d’aujourd’hui, l’État devrait songer à étendre le report des rentes jusqu’à 75 ans.

    Cela serait particulièrement utile pour les plus haut salariés qui ont un effort d’épargne personnelle beaucoup plus grand à fournir.

    ***

    À l’heure où les régimes de retraite sont en voie de disparition chez les employeurs, les travailleurs doivent réaliser que le report du RRQ et de la PSV est un mécanisme qui leur permet de « s’acheter » une rente blindée, à un coût très avantageux.

    Cela vaut beaucoup mieux que gérer son petit magot tout seul dans son coin pour deux raisons principales.

    Primo, en mettant nos épargnes en commun, on paie moins cher de frais de gestion et on se protège mieux contre les risques des marchés financiers.

    Parlez-en aux retraités qui ont quitté le marché du travail juste avant l’éclatement de la bulle des technos ou de la crise du crédit. Leur butin a diminué, sans que leur horizon de placement leur permette de se refaire entièrement. Puis, les taux d’intérêt ont fondu, ce qui a réduit leurs revenus de retraite. Mauvais timing ! Avec une rente garantie, fini les soucis.

    Secundo, une rente permet de mieux gérer le risque de longévité. Un des gros problèmes en planification financière, c’est qu’on ne connaît pas l’heure de notre mort.

    Alors qu’un large groupe peut s’aligner sur l’espérance de vie, un individu tout seul doit voir beaucoup plus loin (facilement 95 ans) pour être certain de ne pas manquer d’argent avant sa mort.

    Cela requiert un gros effort d’épargne supplémentaire. Et on n’est jamais aussi bien protégé qu’avec une rente. Qui sait si on ne sera pas centenaire ?

    Mais les retraités ont tendance à sous-estimer leur espérance de vie. Ils préfèrent garder leurs économies dans leur bas de laine en se disant que, s’ils meurent jeunes, leurs enfants auront un bel héritage, ce qui n’est pas le cas des rentes de l’État.

    Mais l’inverse de l’héritage, c’est le risque de devenir un poids financier pour ses enfants parce qu’on survit à nos épargnes, rétorque le coauteur de l’étude, Luc Godbout, professeur de fiscalité à l’Université de Sherbrooke.

    Alors pour ceux qui ne veulent pas manquer d’argent de leur vivant, le report de la PSV et du RRQ est l’outil tout indiqué pour se bâtir une rente longévité.

    COUVERTURE DES RÉGIMES PUBLICS DE RETRAITE

    Cet outil interactif permet de reproduire les graphiques qui accompagnent l’étude Régimes de retraite publics : Analyse de la flexibilité du système actuel et effets d’une réforme possible.

    À L’ÉPREUVE DES CHIFFRES

    Si vous reportez votre rente de la Régie des rentes du Québec (RRQ) et votre pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV), ces rentes de l’État seront majorées et couvriront une plus grande part de vos besoins jusqu’à la fin de vos jours. Et dans bien des cas, vous aurez moins besoin d’épargner pour la retraite. — Stéphanie Gramond, La Presse

    RENTES DU GOUVERNEMENT

    RÉCLAMER OU REPORTER ?

    Devriez-vous reporter le paiement de vos rentes de l’État ? En planification financière, chaque cas est unique. Mais dans certaines situations, la décision est plus facile à prendre. Voici quelques exemples…

    — Stéphanie Grammond, La Presse

    RÉCLAMER OU REPORTER ?

    RÉCLAMEZ SI…

    Vous avez une santé fragile ? Il vaut mieux demander votre rente de la Régie des rentes du Québec (RRQ) plus tôt si votre espérance de vie est réduite. Mais attention, les retraités ont tendance à sous-estimer leur espérance de vie. Saviez-vous qu’un homme de 60 ans a une chance sur quatre d’être encore en vie à 94 ans  ? Pour une femme, c’est 96 ans. Pensez-y.

    Vous n’avez pas de conjoint ? Vous souhaitez laisser un héritage à vos enfants majeurs ? Il est possible de réclamer votre RRQ rapidement afin de placer l’argent dans votre REER si vous avez l’espace, indique Martin Dupras, planificateur financier indépendant pour ConFor Financiers. À votre décès, vos héritiers toucheront ce montant, alors qu’ils n’auraient eu droit à aucune rente de survivant de la RRQ.

    Vous êtes un retraité à faibles revenus ? N’attendez pas pour réclamer votre PSV. Cela vous forcerait à vous passer aussi du Supplément de revenus garantis (SRG) dont le report ne donnera pas droit à la bonification. Pas avantageux.

    Idem pour la RRQ. Si vous manquez d’épargne-retraite pour vivre, la question ne se pose pas. Oubliez les savants calculs et demandez votre rente immédiatement… ou continuez à travailler plus longtemps.

    Vous avez eu une carrière en dents de scie ? Sachez que la rente de la RRQ est calculée en fonction de vos revenus moyens durant toute votre carrière, en excluant 15 % des pires années. Si vous avez plus de six années de faibles revenus depuis l’âge de 18 ans, le fait de retarder votre rente et d’ajouter d’autres années sans revenus pourrait légèrement vous nuire.

    RÉCLAMER OU REPORTER ?

    REPORTEZ SI…

    Vos parents ont vécu très longtemps ? Vous avez les gènes d’un centenaire ? Si votre espérance de vie est plus longue, le report de vos rentes est un choix particulièrement judicieux.

    Vous avez peu de connaissances en finance ? La gestion de vos économies vous stresse ? Si vous laissez vos épargnes dans des placements très sécuritaires qui génèrent peu de rendements (disons 1 à 3 %), mieux vaut épuiser ce capital plus vite pour vous permettre de reporter vos rentes.

    Vous gagnez plus de 120 000 $ par année ? Passé ce cap, les aînés doivent rembourser la PSV de toute façon. Pour eux, le report s’impose. Ils n’ont rien à perdre ! En fait, dès que les revenus excèdent 75 000 $, le report de la rente devient généralement plus avantageux. Plutôt que de se faire bouffer sa PSV en tout ou en partie, mieux vaut attendre et obtenir la bonification de 36 %. On se positionne mieux en cas de chute des revenus à long terme.

    Vous n’avez aucun régime de retraite avec un employeur ? En vivant de vos épargnes personnelles quelques années pour vous permettre de reporter vos rentes de l’État, c’est un peu comme si vous convertissiez votre capital en un petit régime de retraite, indique Martin Dupras. N’est-ce pas ce dont tous les travailleurs rêvent ?

    REER: ce zèle qui peut vous coûter cher!

     

    lesaffaires

    La saison d’impôt est terminée et vous recevrez bientôt une confirmation que votre déclaration de revenus est conforme ou a été ajustée. Profitez-en pour vérifier que vos cotisations REER ne dépassent pas votre plafond de cotisations! Sinon, vous pourriez être surpris de la facture qui vous attend. Comment vérifier? Votre avis de cotisation est un bon point de départ.
    Commençons par un peu de vocabulaire. Montant A « Maximum déductible au titre des REER/RPAC pour 2017 » : c’est le montant maximal qui peut être versé au REER pour l’année et qui pourra, selon votre choix, être déduit dans votre déclaration de revenus pour l’année ou une année suivante. Ainsi, votre avis de cotisation 2016 vous donne le maximum qui peut être contribué à votre REER en 2017.

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