Sept conseils pour tirer le maximum de votre REER

Épargner en vue de la retraite ne devrait pas être une tâche ardue

Voici sept conseils de Peter Bowen, l’expert de Fidelity en matière de retraite et de fiscalité.

1. Planifiez vos objectifs de retraite.

Quel style de vie souhaitez-vous mener à la retraite? Réfléchissez à vos objectifs dès maintenant et consultez votre conseiller en placements pour assurer votre sécurité financière pendant que vous profitez d’une longue et heureuse retraite.

2. Investissez tôt pour favoriser la croissance.

Investir dans votre REER bien avant le départ à la retraite signifie que vous disposez de plus de temps pour que vos placements fructifient à l’abri de l’impôt. Puisque l’argent investi dans un REER provient des revenus avant impôts, les cotisations que vous versez peuvent réduire la charge fiscale totale en reportant l’impôt à une date ultérieure, quand vous serez dans une tranche d’imposition inférieure.

3. Tirez profit de votre remboursement d’impôt.

Les cotisations à votre REER sont plus avantageuses si vous prévoyez que votre taux d’imposition marginal à la retraite sera inférieur à celui de vos années actives. N’oubliez pas que les REER ne sont pas à l’abri de l’impôt, ils font tout simplement l’objet d’un report d’impôt. Ainsi, même s’il est tentant de dépenser votre remboursement d’impôt, vous en tirerez profit à long terme si vous le réinvestissez.

4. Contribuez maintenant, déduisez plus tard.

Vous n’êtes pas tenu de demander les déductions sur vos cotisations au REER dans la même année que celle où vous cotisez. Si vous prévoyez qu’une hausse de votre revenu imposable dans l’avenir vous placera dans une fourchette d’imposition plus élevée, vous pouvez reporter la déduction de vos cotisations pour bénéficier d’un remboursement d’impôt plus important.

5. Gardez une marge pour investir dans votre avenir.

Les droits de cotisation excédentaires inutilisés des cotisations inférieures au plafond annuel peuvent être reportés indéfiniment pour être utilisés dans les années ultérieures. Profitez des droits de cotisation supplémentaires pour contribuer davantage à votre épargne-retraite et bénéficier d’un remboursement d’impôt plus élevé.

6. Choisissez le compte qui vous convient.

Selon vos objectifs à court et à long terme, investir dans un compte d’épargne libre d’impôt(CELI) pourrait être plus approprié pour vous. Les cotisations versées dans un CELI ne sont pas déductibles d’impôt – vous ne recevrez pas de remboursement d’impôt – par contre, les retraits ne sont pas imposables non plus. L’argent que vous investissez s’accumule en franchise d’impôt tant qu’il reste dans le compte.

7. Réduisez le fardeau fiscal.

Le fractionnement du revenu est un moyen pour les couples de réduire l’ensemble des impôts à la retraite. Dans le cas des FERR, cela peut être fait à l’âge de 65 ans ou après (certains types de revenu de retraite peuvent être fractionnés avant l’âge de 65 ans). Cette stratégie permet au conjoint ayant le revenu plus élevé de transférer jusqu’à 50 % de son revenu de pension admissible au conjoint ayant le revenu plus faible. Il est également possible de fractionner le revenu avant l’âge de 65 ans en utilisant un REER de conjoint, mais vous devez vérifier les règles d’attribution.

« Les REER exposent les épargnants à plusieurs risques »

risque_placementSi les régimes enregistrés d’épargne-retraite font désormais partie du paysage québécois de l’après-vie active, les campagnes de promotion qui les font mousser occultent certaines de leurs (importantes) limites, selon l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC).

Dans une analyse publiée dans le dernier bulletin de l’Observatoire de la retraite, créé par l’IREC, Riel Michaud-Beaudry estime en effet que la publicité « tait généralement le fait que ces produits font reposer tous les risques financiers sur les épaules des individus ». Avec le recul, ajoute-il, il apparaît également qu’elle a « surtout contribué à rendre acceptable l’individualisation progressive des risques financiers associés à la retraite, une tendance lourde que l’on constate dans les politiques publiques concernant la sécurité financière des personnes vieillissantes ».

Affirmant qu’il souhaite aller « au-delà des lieux communs concernant la flexibilité des REER », le chercheur à l’Observatoire entend « mettre en lumière les limites associées à cette formule d’épargne-retraite individuelle » afin d’envisager des améliorations ou des innovations institutionnelles qui pourraient être mises de l’avant pour les surmonter. Autrement dit, résume-t-il, il s’agit d’« imaginer des scénarios d’amélioration axés plutôt sur les besoins des personnes que sur la rentabilité du secteur financier ».

INDIVIDUALISATION DES RISQUES FINANCIERS

Insistant sur le fait que les REER « sont des régimes où les risques liés à l’épargne sont entièrement assumés par les individus », Riel Michaud-Beaudry estime que ces produits financiers sont problématiques pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’ils constituent un risque en matière de rendements. En effet, souligne-t-il, dans les périodes de crises financières ou de récession économique, ou encore dans un environnement de faibles taux d’intérêt, ils se retrouvent « fortement exposés aux aléas des marchés ». La raison? « Comme les REER ne sont pas dotés de mécanismes permettant de mutualiser et de répartir le risque financier, chaque cotisant doit assumer la possibilité de voir son capital diminuer. »

Or, relève le chercheur, cet aspect de la question est d’autant plus crucial que « ce capital doit servir à soutenir financièrement la retraite, période de la vie où le caractère stable et prévisible des revenus est très important ». Tous les Québécois qui comptaient sur leurs REER pour compléter leurs rentes de retraite lors de la crise financière de 2007-2008 l’ont d’ailleurs appris à leurs dépens, observe-t-il.

D’autre part, poursuit Riel Michaud-Beaudry, le risque dit « de longévité » est couru individuellement par les cotisants. Rappelant que le REER « consiste en un capital devant être retiré annuellement selon une espérance de vie probable », il note qu’« une personne survivant à son capital verra cette source de revenu se tarir » au fil des ans, et qu’elle aura donc des revenus moins élevés durant les dernières années de son existence. Ce risque touche plus particulièrement les femmes, qui ont une espérance de vie plus élevée que leurs compagnons, ajoute-t-il. De même, l’analyste pointe le fait que « si un rentier décède avant d’avoir épuisé son capital dont il n’aura pu profiter entièrement, une bonne partie des REER accumulés sera imposée à un taux marginal élevé, car l’ensemble du régime accumulé doit être inclus au revenu du rentier décédé, sauf s’il s’agit d’un conjoint ».

DES LIMITES ASSOCIÉES À LA GESTION DU CAPITAL

Enfin, Riel Michaud-Beaudry estime risqué le fait que les investisseurs individuels qui détiennent un REER « confient généralement à des insitutions financières privées le soin de gérer leurs comptes individuels ». D’après lui, cette formule présente en effet deux principales limites, « qui affectent directement le niveau de rendement des placements ». La première concerne les stratégies de gestion des actifs, car « même si les choix de placement sont réalisés de manière responsable, les cotisants (…) sont pénalisés par une répartition d’actifs de plus en plus [prudente] avec l’âge afin de mitiger les risques inhérents aux placements boursiers ». Résultat : leurs portefeuilles d’investissement comportent de moins en moins de produits risqués et à croissance élevée (des actions, par exemple) à mesure qu’ils approchent de la retraite, au profit de produits à revenus fixes et stables (bons du Trésor ou obligations).

La seconde limite est liée aux frais de gestion, car ceux-ci « peuvent gruger une part importante des rendements financiers ». Selon des donnés de l’Organisation de coopération et de développement économiques reprises par le chercheur, des frais annuels de 2 % réduisent ainsi de 37 % l’accumulation de l’épargne, ce qui ne laisse que 63 % à l’investisseur. Alors que les frais de gestion servent officiellement à couvrir les coûts des produits offerts par les institutions financières, Riel Michaud-Beaudry soutient que la réalité est bien différente. Et pour appuyer son propos, il cite un rapport sur la performance des fonds d’investissement de Morningstar, qui classe le Canada au dernier rang des 25 pays étudiés en matière de frais de gestion.

« Ainsi, vraisemblablement, les sommes englouties individuellement et collectivement dans les REER bénéficient d’abord aux institutions financières privées », conclut le chercheur. Avec des frais de gestion compris entre 0,5 % et 2,5 %, selon les Normes d’hypothèses de projection pour 2017 de l’Institut québécois de planification financière (IQPF), celles-ci « s’accaparent une portion considérable des rendements financiers des épargnants », dénonce-t-il.

« LES RISQUES SONT SOUVENT PEU CONNUS OU MAL COMPRIS »

Pour renforcer sa théorie, l’analyste prend l’exemple du Régime de rentes du Québec (RRQ) et des frais de gestion des fonds de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui sont de 0,2 % seulement. « La mutualisation des risques a permis à la Caisse d’afficher un taux de rendement réel annuel moyen de l’actif du RRQ de 9,2 % entre 2011 et 2016, net de frais de gestion. En guise de comparaison, l’IQPF a pour hypothèse un taux de rendement réel net de frais de gestion de 2,75 % pour un portefeuille dynamique pour l’année 2017-2018, ce qui place les rendements issus de portefeuilles individuels nettement en dessous de ceux gérés par la CDPQ », détaille Riel Michaud-Beaudry.

« Ces coûts moins élevés que ceux d’un fonds commun de placement s’expliquent par le pouvoir de négociation dont dispose la CDPQ sur les marchés financiers, ainsi que par l’absence de dépenses de publicité, de marketing, ou de conseils aux clients individuels. L’individualisation et la personnalisation des stratégies financières entraînent des coûts. (…) Cela démontre que la gestion individuelle des actifs est très coûteuse pour les épargnants », affirme le chercheur.

Sa conclusion? « En plus d’être fiscalement désavantageux pour une bonne partie de la population et d’offrir plus d’aide aux mieux nantis dans la constitution de leur patrimoine, les REER exposent les épargnants à plusieurs types de risques. Or, ces derniers sont souvent peu connus ou mal compris par le commun des mortels. »

Le REER favorise-t-il les riches?

tirelire_epargne_REER_CELI_retirer_retrait_4251Chaque année, la « saison » des régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) constitue un temps fort des campagnes publicitaires lancées par les institutions financières. Pourtant, l’outil d’épargne serait inégalitaire, selon cette étude. 

L’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) a mis sur pied l’Observatoire de la retraite, qui vient de publier le premier volet d’une étude destinée « à faire un survol des connaissances disponibles sur ces régimes, sur leur bassin de cotisants ainsi que sur leur place au sein du système de retraite au Québec ».

À l’origine réservés à une catégorie spécifique de la population ne disposant pas de régimes complémentaires, soit les travailleurs autonomes,
 les REER sont en effet aujourd’hui un produit populaire dans la Belle Province, note l’auteur de l’étude, Riel Michaud-Beaudry.

Il relève cependant l’existence de « différences notables » quant aux cotisations en fonction de l’âge et du revenu des cotisants.

Ainsi, les 55-64 ans sont les personnes qui mettent le plus d’argent dans leur régime, puisqu’elles représentent 33 % de l’ensemble des cotisations réalisées au Québec. À cet âge, et compte tenu des faibles taux de rendement attendus de portefeuilles le plus souvent prudents, les déductions d’impôts constituent les principaux incitatifs à cotiser à un REER, souligne le chercheur.

UN OUTIL D’ÉPARGNE « TRÈS INÉGALITAIRE »…

En outre, plus le revenu est élevé, plus la capacité d’épargner et les avantages à le faire par le REER sont importants : les personnes ayant un revenu plus élevé que 80 000 $ comptent pour 27 % du nombre de cotisants, et leurs épargnes représentent 58 % des cotisations. De même, les personnes gagnant entre 40 000 et 59 999 dollars comptent pour 30 % des cotisants et pour 17 % du total des cotisations. Résultat : le revenu d’emploi médian des cotisants à un REER atteignait 53 750 dollars en 2015, soit beaucoup plus que la médiane, qui était alors de 30 900 dollars.

Cette situation est due au fait que les contribuables les mieux nantis possèdent davantage de moyens financiers, mais aussi parce que les incitatifs fiscaux sont plus importants pour eux, affirme Riel Michaud-Beaudry. « En effet, puisque les déductions d’impôts réduisent le montant de revenu imposable que les particuliers doivent payer, plus le revenu d’une personne est compris dans les paliers d’imposition supérieurs, plus l’économie d’impôts est importante », détaille-t-il. De ce point de vue, « l’utilisation de la déduction d’impôt comme outil de politique publique afin d’augmenter l’épargne-retraite est donc très inégalitaire, car elle favorise les personnes avec un revenu relativement élevé », insiste le chercheur.

D’une manière générale, l’instrument de politique publique utilisé par les gouvernements, c’est-à-dire les déductions d’impôts, ainsi que les plafonds maximaux de cotisation favorisent les contribuables les mieux nantis, résume l’Observatoire de la retraite. En effet, rares sont ceux qui ont les moyens de mettre chaque année plusieurs milliers de dollars dans leur REER, sachant que le plafond pour 2015 était par exemple de près de 25 000 dollars. Cette année-là, la cotisation médiane à ces régimes atteignait d’ailleurs seulement 2 650 dollars. Et même chez les quelque 414 000 cotisants québécois gagnant plus de 80 000 dollars annuellement, les versements moyens étaient alors d’environ 13 160 dollars, soit un montant très inférieur au maximum permis.

… MAIS ENCORE TRÈS POPULAIRE

Le chercheur constate qu’en 2015, près de six millions de personnes au pays ont cotisé soit à un REER individuel ou collectif, soit à un régime de pension agréé collectif (RPAC), et ce, pour un total d’environ 39 milliards de dollars. En comparaison, quelque 1,5 million de Québécois ont cotisé la même année pour un montant de 9,4 milliards.

Ces derniers ont par ailleurs réclamé 7,8 milliards de déductions fiscales en 2014 pour des cotisations à un REER individuel ou collectif, un RPAC ou un régime volontaire d’épargne-retraite (RVER). Enfin, la même année, les déductions fiscales pour l’ensemble des régimes de retraite, incluant les régimes de pension agréés, ont compté pour près de 39 % de toutes les déductions demandées par les particuliers de la province.

Hormis cet aspect purement fiscal, Riel Michaud-Beaudry estime que l’un des facteurs majeurs expliquant la popularité des REER est « l’absence d’autres sources de revenus de retraite pour 22,5 % de la population active ». Ainsi, en 2008, environ 942 000 travailleurs n’avaient que ce régime pour se procurer des revenus de retraite en dehors des régimes publics, tandis qu’environ 1,6 million de personnes ne participaient à aucun régime complémentaire. Et depuis, la situation n’a guère évolué puisque, en 2014, 21 % de la main-d’œuvre ne cotisaient qu’à un REER.

Enfin, selon le chercheur, d’autres facteurs ont contribué à nourrir l’intérêt de nombreux Canadiens pour ce type d’épargne : la diminution, en matière de quantité et de qualité, des régimes de retraite d’employeurs; l’augmentation des revenus des baby-boomers durant les années 1980-1990; une présence accrue des femmes sur le marché du travail; le fait que la population est de plus en plus sensibilisée à la nécessité d’économiser pour subvenir à ses besoins durant ses vieux jours; un désir accru de maximiser l’utilisation des abris fiscaux; l’effet des campagnes de publicité annuelles des institutions financières; enfin, les augmentations périodiques du plafond de cotisation admissible par les gouvernements.

 

 

REER ou REEE: lequel choisir?

REER ou REEE: lequel choisir?

Simon Boisier Michaud, Isabelle Plante et leur fils... (Photo André Pichette, La Presse)

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Simon Boisier Michaud, Isabelle Plante et leur fils Maxence

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Ma Presse

 

NATHALIE CÔTÉ
Collaboration spécialeLa Presse

Le régime enregistré d’épargne-retraite (REER) est séduisant avec ses promesses d’économies d’impôt. Le régime enregistré d’épargne-études (REEE) est aussi particulièrement attrayant avec ses généreuses subventions. Comment choisir ?

Simon Boisier Michaud et Isabelle Plante sont les fiers parents du petit Maxence, 11 mois. Les parents espèrent bien agrandir leur famille avec un autre enfant prochainement. Comme l’éducation est importante pour eux, ils ont rencontré une conseillère avant les Fêtes pour évaluer la possibilité d’ouvrir un REEE collectif. « Les règles demeurent floues pour moi », indique M. Boisier Michaud. Il pense donc se tourner plutôt vers un REEE familial. Mais doit-il y mettre toutes ses économies ? Il pense pouvoir épargner entre 5000 et 7000 $ par année.

Le couple bénéficie d’un revenu familial d’environ 100 000 $. M. Boisier Michaud a cependant un salaire plus élevé que sa conjointe. Employé d’une commission scolaire, il bénéficie également d’un bon régime de retraite. Mme Plante, elle, travaille dans un centre de la petite enfance. Elle a aussi un régime de retraite au travail, mais elle étudie à temps partiel pour réorienter sa carrière. Difficile de prédire les conditions dont elle bénéficiera dans l’avenir.

POURQUOI CHOISIR ?

Dans leur situation, les parents ne sont pas obligés de choisir. Ils peuvent investir à la fois pour leur retraite et les études de leurs enfants grâce à une petite stratégie toute simple. « La subvention de base du REEE est de 30 %, rappelle Guylaine Dufresne, directrice principale, investissement et planification financière, à la Banque Laurentienne. Compte tenu de son salaire, le taux marginal d’imposition de Monsieur est de plus de 37 %. C’est donc plus payant d’investir dans le REER. Par contre, il pourra ensuite investir le remboursement d’impôt dans le REEE et bénéficier aussi des subventions. »

Cette stratégie permet aussi à la famille d’aller chercher plus d’argent des gouvernements. « Comme ils ont un enfant et en souhaitent un deuxième, il est avantageux de diminuer le revenu imposable, souligne Maud Salomon, conseillère en sécurité financière et représentante de courtier en épargne collective rattachée à MICA Capital. Cela leur permet d’obtenir plus d’allocations. » La contribution additionnelle pour les frais de garde sera également moins élevée. « J’utilise cette stratégie jusqu’à ce que les enfants aient 6 ans, indique Mme Salomon. Ensuite, ça peut continuer d’être intéressant, mais je recommande de refaire les calculs. »

Par contre, cette stratégie serait moins adaptée pour une famille à faible revenu. « Dans ce cas, investir directement dans le REEE est plus avantageux », précise Mme Dufresne.

REER DE CONJOINT

Comme M. Boisier Michaud dispose d’un bon régime de retraite et de plus d’épargne, il pourrait être opportun de considérer d’investir dans le REER de sa conjointe. Il pourrait bénéficier de l’économie d’impôt et Mme Laplante pourrait accumuler un peu d’épargne pour sa retraite.

« Plus tard, cela leur permettra d’avoir des revenus plus équilibrés avant de pouvoir bénéficier du fractionnement de revenus. » 

– Guylaine Dufresne, directrice principale, investissement et planification financière, à la Banque Laurentienne

Autre avantage : si couple devenait propriétaire, il pourrait bénéficier davantage du régime d’accession à la propriété (RAP). « Ils auraient la possibilité de retirer chacun 25 000 $ de leur REER sans avoir à payer d’impôt pour acheter leur résidence », souligne M. Salomon.

Par ailleurs, si Mme Laplante décroche un emploi plus payant après sa réorientation de carrière, le couple pourrait revoir sa stratégie.

Finalement, Mme Dufresne met également le couple en garde. Comme ils sont conjoints de fait, il n’y aura aucun partage du patrimoine familial en cas de séparation. Elle leur suggère donc de rédiger un contrat de vie commune pour prévoir ce qui arrivera si cela se produit. Parlant de malheur, elle leur suggère de faire rapidement un testament si ce n’est pas déjà fait.

 

REER: le RAP en quatre temps

REER: le RAP en quatre temps

David Truong, conseiller au Centre d'expertise de Banque... (Photo François Roy, La Presse)

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David Truong, conseiller au Centre d’expertise de Banque Nationale Gestion privée 1859

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Ma Presse

DIDIER BERT
Collaboration spécialeLa Presse

Préparer sa retraite peut aussi revenir à préparer l’achat de sa première maison. Nombreux sont les épargnants qui savent que le Régime d’accès à la propriété (RAP) permet de puiser dans ses REER pour augmenter sa mise de fonds. Mais tous ne savent pas que cette possibilité ouvre des options plus larges…

Pourquoi un seul RAP ?

Le Régime d’accès à la propriété n’est pas réservé qu’aux épargnants qui n’ont jamais été propriétaires de leur logement. Si vous avez déjà été propriétaire d’une résidence principale, vous pouvez quand même vous qualifier… mais seulement si vous n’avez pas été propriétaire au cours des cinq dernières années. « La condition est alors d’avoir remboursé la totalité de son ancien RAP », précise David Truong, conseiller au Centre d’expertise de Banque Nationale Gestion privée 1859. Le REER peut alors servir de nouveau de réserve d’argent comme mise de fonds du prochain achat immobilier.

Le RAP se danse à deux

Avec le resserrement des conditions de prêt hypothécaire, les emprunteurs doivent montrer leur capacité à encaisser une hausse des taux d’intérêt. Or, le RAP leur offre davantage de flexibilité, puisqu’il leur permet d’augmenter leur mise de fonds. C’est pourquoi les conjoints devraient, plus que jamais, utiliser tous les deux leur droit au RAP. Chacun peut retirer 25 000 $ de ses REER. À deux, la mise de fonds potentielle est doublée. « 50 000 $ sur une propriété de 500 000 $, c’est 10 %… c’est considérable ! s’exclame M. Truong. Et cela évite toujours de payer davantage de frais et d’intérêts sur la partie empruntée. »

Le RAP sans REER

Il est possible de faire un RAP sans avoir de REER ! « Il suffit de cotiser dans son REER, et de raper au moins 90 jours après la cotisation, explique M. Truong. Et vous aurez droit au remboursement d’impôt. » Cette stratégie est intéressante pour un acheteur immobilier qui possède des liquidités, et qui voudrait cotiser à son REER tôt ou tard. Inversement, il est possible de faire un RAP sans projet d’achat immobilier pour soi. « On peut raper pour une autre personne si celle-ci est handicapée, et qu’elle achète ou améliore son logement », précise le conseiller de Banque Nationale Gestion privée 1859.

Pas seulement dans votre REER

Il n’y a pas que dans votre REER que vous pouvez retirer des fonds pour profiter du RAP. Il est possible de puiser dans le Régime volontaire d’épargne retraite (RVER) ou dans le REER collectif mis en place dans votre entreprise. « Vous pouvez raper sur les montants que vous avez cotisés, pas sur ceux versés par votre employeur », précise David Truong. Les fonds doivent alors être transférés dans votre REER personnel avant d’être utilisés pour le RAP. Les remboursements pourront alors être faits dans le REER personnel. La seule exception concerne le REER de la FTQ, qui doit être remboursé auprès de la même institution.

 

REER: ce zèle qui peut vous coûter cher!

 

lesaffaires

La saison d’impôt est terminée et vous recevrez bientôt une confirmation que votre déclaration de revenus est conforme ou a été ajustée. Profitez-en pour vérifier que vos cotisations REER ne dépassent pas votre plafond de cotisations! Sinon, vous pourriez être surpris de la facture qui vous attend. Comment vérifier? Votre avis de cotisation est un bon point de départ.
Commençons par un peu de vocabulaire. Montant A « Maximum déductible au titre des REER/RPAC pour 2017 » : c’est le montant maximal qui peut être versé au REER pour l’année et qui pourra, selon votre choix, être déduit dans votre déclaration de revenus pour l’année ou une année suivante. Ainsi, votre avis de cotisation 2016 vous donne le maximum qui peut être contribué à votre REER en 2017.

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Cotiser au REER pour sauver de l’impôt, quelle mauvaise idée!

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Publié le 28/02/2017 à 11:30

Quelqu’un peut me dire si les succursales des banques et les caisses pop ont étendu leurs heures d’ouverture pour recueillir les dépôts des derniers retardataires de la saison REER?
Elles faisaient ça avant. Le reste de l’année, il n’y avait pas moyen d’avoir un rendez-vous à la banque sans prendre congé du travail. Dès 16h, on se cognait le nez à l’entrée. Mais pour vous vendre des fonds communs de placement dans un climat d’urgence, alors là, elles étaient prêtes à ouvrir leurs portes jusqu’à minuit.

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